Entendre numéro 157 : Discours en double ou double discours (sous-titrage)
- Qu'en sera-t-il dans l'avenir ?
Par Louise Bellemare

Le Regroupement québécois pour le sous-titrage (RQST) a déposé un mémoire au Conseil de la radio et la télévision canadienne (CRTC) en mars 2001 pour réitérer ses demandes en matière de sous-titrage. Le CRTC est l’organisme qui renouvelle les licences des télédiffuseurs et qui peut lors de ce renouvellement poser des conditions. Voici la conclusion du mémoire du Regroupement.

« À l’ère de la mondialisation et des nouvelles technologies, des informations et des communications, il est temps que les personnes sourdes et malentendantes prennent le virage technologique en ayant une accessibilité globale à ces nouveaux outils que sont la télévision, l’Internet, la télévision/Internet, le téléphone, etc. Pour que nous puissions prendre ce virage du futur, le CRTC se doit d’être à l’écoute de nos besoins en donnant l’exemple sur ses exigences globales en matière d’accès au sous-titrage et ce, sans égard relié aux problèmes techniques ou aux
coûts. »
(1)

L’optimisme régnait à la suite d’une décision du CRTC en juillet soulignant que le temps était venu d’exiger davantage de sous-titrage auprès des télédiffuseurs de langue française et que la question serait soulevée au moment du renouvellement de chaque licence.*
(2)

C’est pas pour demain
Dans les faits, le CRTC a averti qu’il exigerait 90 % de sous-titrage au prochain renouvellement de licence, c’est-à-dire 2007 ou 2008. Ce n’est donc pas pour demain surtout que les télédiffuseurs ont fait des réserves à leurs « promesses » d’augmentation du sous-titrage : « sous réserve, qu’une technologie appropriée aurait été développée d’ici 2004 pour permettre le sous-titrage en direct des émissions de langue française. »
(3)

TQS (2000) « La titulaire s’est toutefois engagée à augmenter progressivement le pourcentage de ses émissions sous-titrées de 30 % la première année à 75 % la septième année de la période d’application des licences, sous réserve qu’à compter de la troisième année, la technologie soit suffisamment développée pour lui permettre de respecter les niveaux prévus d’une façon financièrement abordable. (décision du CRTC 2001-746)
(3)

Super Écran « (Le Conseil)… exige que la titulaire sous-titre 50 % de la programmation qu’elle diffuse au cours de l’année de radiodiffusion au plus tard à compter du 1er septembre 2006. » (décision du CRTC 2001-730)
(3)
Cette dernière exigence est également faite au Réseau des sports. (décision CRTC 2001-735) (3)

Un peu de positif
Aux conditions de renouvellement de licences, le CRTC a joint un article qui se lit comme suit : « D’ici là, le Conseil s’attend à ce que la titulaire mette l’accent sur l’amélioration de la qualité, de la fiabilité et de l’exactitude des sous-titrages codés et qu’elle travaille de concert avec les représentants des sourds et des malentendants afin de s’assurer que ses sous-titrages sont toujours adaptés aux besoins. Par ailleurs, le Conseil s’attend à ce que la titulaire appuie toute initiative industrie-collectivité destinée à améliorer la qualité et la quantité de sous-titrage en français, notamment en temps réel, et à ce qu’elle participe à ces initiatives. » (décisions CRTC 2001-746, 2001-729, 2001-730, 2001-735). (3)

Sous-titrage en direct
Depuis quelques années déjà, la Société Radio-Canada utilise le Médiatex qui est un système de sous-titrage en direct développé par IBM-France et Industrie Canada. Le produit ne peut être exporté ni transféré étant sous protêt de IBM-France. Le Regroupement québécois pour le sous-titrage trouve très important qu’une solution soit trouvée au problème du sous-titrage en direct et y travaille activement.

(1) Bulletin – Regroupement québécois pour le sous-titrage inc., volume 10, no 2, printemps 2001
(2) Bulletin – Regroupement québécois pour le sous-titrage inc., volume 10, no 4, automne 2001
(3) Bulletin – Regroupement québécois pour le sous-titrage inc., volume 11, no 1, hiver 2001