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Entendre numéro 158 : J'ai une place au soleil
Par Johanne Labine, Outaouais
La plupart des parents, grâce à leur débrouillardise, réussissent à trouver des stratégies pour obtenir des services pour leurs enfants. Malheureusement, les résultats sont souvent inéquitables pour les enfants – et les régions – , puisque l’on dépend de l’efficacité de persuasion des parents ou de l’écoute des instances décisionnelles ! Même si les parents se doivent de faire des efforts pour persuader et que d’autres devraient franchement faire de plus grands efforts pour écouter... il en reste que les approches individuelles ne peuvent combler les besoins de l’ensemble des jeunes vivant avec une surdité.
Il faudrait, peut-être plus souvent, privilégier les droits de la collectivité et prendre conscience que nous militons dans un contexte où la question des droits a déjà été établie par une volonté politique (adoption des lois des droits de la personne), ainsi que par des instances juridiques (ordonnance d’un tribunal). Est-ce qu’une approche collective pourrait donner des résultats pour l’ensemble des enfants et nous éviterait de réinventer la roue individuellement ? Une telle approche ciblerait des stratégies qui viseraient l’inclusion proactive par des institutions publiques et parapubliques assujetties aux lois qui se veulent une protection contre la discrimination et contre les obstacles à l’intégration. Non seulement, c’est une question d’efficacité, mais également une question d’intégration de nos enfants sur tous les plans.
Il faut comprendre que le contexte actuel désavantage encore les personnes plus à risque. Les coupures dans les secteurs de la santé et de l’éducation ont des conséquences négatives sur la population, mais elles en ont encore plus sur les personnes désavantagées, entre autres, nos jeunes vivant avec une surdité. Combien de fois entendons-nous : «Il y a un manque de services, les budgets sont moindres, le régime ne le prévoit pas » ?
L’AQEPA a voulu se pencher sur la question des droits surtout qu’ils sont appuyés par les décisions importantes de la Cour suprême du Canada sur l’obligation des mesures d’accommodement (tant pour le marché du travail que pour les services). Afin d’aborder une discussion sur des ressources et des stratégies, nous avons invité trois représentants de groupes qui œuvrent, sur le plan collectif, dans le domaine des droits et de leur revendication.
Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ)
L’OPHQ a le devoir de « […] favoriser la coordination et la promotion, auprès des ministères, des municipalités, des commissions scolaires et des autres organismes, publics ou privés, de services répondant aux besoins des personnes handicapées en vue de faciliter leur accès à… des biens et des services… aux services d’éducation ainsi que leur participation à des activités socioculturelles et de loisirs […] ».
Jean Dupont, représentant de l’OPHQ, a décrit les services et l’aide que peut fournir cet organisme. L’OPHQ n’a pas de pouvoir légal, mais il peut offrir certains services de soutien, d’accompagnement et de conseils. Un représentant peut vous accompagner dans vos démarches auprès des commissions scolaires et conclure des ententes afin de favoriser l’intégration scolaire, professionnelle et sociale des personnes handicapées.
Les bureaux de l’OPHQ possèdent de bons centres de documentation. Vous pouvez également consulter le site Internet : www.ophq.gouv.qc.ca.
Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes
On a pu constater que la majorité des parents présents étaient syndiqués. Denis Lemelin a fait le point sur le syndicalisme social, qui cherche à établir des gains et des droits pour l’ensemble de la population. Il a parlé du rôle important des syndicats dans la bonification des régimes d’assurances complémentaires (remboursement du coût des piles et des prothèses) et l’accès aux congés pour obligation familiale.
Un des dossiers importants et intéressants pour les membres de l’AQEPA est celui du fonds de garde et particulièrement le « Projet besoins spéciaux ». Ce projet, en plus de fournir des subventions à des parents, a permis une tribune où les syndicats ont pu être sensibilisés aux besoins des travailleurs et travailleuses qui ont des enfants handicapés. Comme outil de sensibilisation, le syndicat a produit une affiche intitulée « La vie est plus exigeante quand on travaille et qu’on a un enfant ayant des besoins spéciaux ».
Centre d’assistance et d’accompagnement aux plaintes
Nathalie Lavoie, directrice générale du Centre d’assistance et d’accompagnement aux plaintes – Bas-Saint-Laurent, nous a fait part de l’organigramme du Régime d’examen des plaintes. Selon la Loi sur le Protecteur des usagers en matière de santé et de services sociaux : « Le ministre doit, après consultation de la régie régionale, confier à un organisme communautaire de la région (Centre d’assistance et d’accompagnement aux plaintes) le mandat d’assister et d’accompagner, sur demande, les usagers… qui désirent porter plainte auprès d’un établissement […]».
Pour les plaintes concernant les services d’un établissement (centre hospitalier, centre de réadaptation, CLSC, etc.), le processus comporte deux paliers : premier palier, l’établissement (délai 45 jours); deuxième palier : le Protecteur des usagers.
Voici les droits des usagers et des usagères du réseau de la santé et des services sociaux :
- le droit à l’information;
- le droit de porter plainte;
- le droit d’être accompagné et assisté;
- le droit d’être représenté;
- le droit d’exercer un recours;
- le droit aux services sociaux et de santé (de recevoir des services adéquats, « en tenant compte des ressources disponibles »);
- le droit de choisir où et par qui se donneront les soins;
- le droit d’accès à son dossier.
À la suite de ces présentations, plusieurs questions ont été soulevées, et le conseil d’administration de l’AQEPA aura à se pencher sur les stratégies qui permettront à l’AQEPA de privilégier une approche collective.
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