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Entendre numéro 164 : Les ados... c'est à votre tour !
Sur les parents : du côté des oralistes
Nous avons terminé les deux entrevues avec une question sollicitant leur point de vue sur leurs parents en insistant sur un message à leur laisser. Tout en disant que les parents font tout pour les aider, ils trouvent que ceux-ci en font trop. Nous vous laissons ici avec des réflexions en vrac :
« Les parents devraient fournir un appui, mais ne pas « pousser ». Il faut laisser les enfants aller tout en les aidant subtilement. »
« Tous les parents veulent le meilleur pour leurs enfants et travaillent fort pour s’assurer que l’enfant a des services. »
« Ils ont parfois le sentiment que l’enfant est inférieur, alors ils « font à la place », exemple : aller voir le professeur. »
« Les parents ne laissent pas assez les enfants à eux-mêmes. Les parents vérifient tout le temps si nous avons pensé à tout. »
« Les parents sont trop inquiets, ils veulent s’assurer que tout est fait, ils ont peur et ne font pas confiance. »
« Dans les lieux publics, les parents s’occupent trop de la communication, parlent fort, répètent… nous voulons nous en occuper tout seul, que la surdité ne paraisse pas et, surtout, qu’elle ne soit pas mise en évidence. »
« Les parents vérifient la compréhension : « T’as-tu compris ? ».
« C’est gênant quand les parents mettent la surdité en avant : « Les gens n’ont pas à le savoir ».
« Il faut nous mettre en confiance, mais surtout nous apprendre à être autonome. »
« Nos parents nous aiment. »
Sur les parents : du côté des gestuels
Les jeunes disent qu’ils ont été surprotégés. Les parents ne voulaient pas qu’ils sortent seuls, qu’ils sortent tard à cause de leur surdité. Ils disent qu’ils n’avaient pas (pour la plupart) les mêmes « permissions » que les autres enfants de la famille ou qu’il leur a fallu attendre qu’ils soient plus vieux pour les avoir (la situation serait plus marquée pour les filles).
Les jeunes disent avoir à téléphoner souvent pour dire où et avec qui ils sont, à quelle heure ils vont rentrer ou s’ils sont en retard.
L’inquiétude des parents est très palpable, celle des mères omniprésente (et pesante selon les participants). Les mères seraient « mères poules » à cause de ce qu’elles voient à la télé (viols, kidnappings, etc.) Les parents auraient peur qu’ils se perdent, qu’ils ne puissent pas communiquer s’ils ont besoin d’aide. Même aujourd’hui, leurs parents ne peuvent s’empêcher de leur dire de faire attention, de regarder avant de traverser la rue.
Il arrive quelquefois que pour pouvoir être amis, les parents des deux jeunes doivent d’abord faire connaissance et approuver cette relation. Les jeunes disent qu’ils n’ont pas besoin d’être couvés, qu’ils veulent plus de liberté.
« Élevez vos enfants comme des entendants. »
« Poussez-les à lire beaucoup parce que le français c’est important et que plusieurs personnes sourdes ont des difficultés. Commencez la lecture le plus tôt possible. »
« Favorisez les contacts avec d’autres enfants vivant avec une surdité, d’autres familles. Créez des liens. »
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