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Entendre numéro 172 : Au jeu ! Prêts ! Partez ! (Sport, sécurité, plaisir)
La ringuette : c’est un de mes sports
Audrey Tremblay, 18 ans, AQEPA Montréal Régional
Dès mon jeune âge, j’ai joué à différents jeux avec mes trois frères, dont deux sont aussi malentendants. Puis, j’ai chaussé les patins pour le patinage artistique. Un jour, j’ai assisté à une partie de ringuette : des filles qui filent à toute allure sur la patinoire avec des patins de «gars». Wow ! Je suis éblouie, je veux jouer à la ringuette. Il n’en fallut pas plus pour charmer mon cœur. Dès la saison suivante, je suis inscrite dans mon équipe locale et entourée de coéquipières entendantes, étant donné qu’il n’y a pas d’équipe de malentendants.
Je ne crois pas que le fait d’être malentendante ait été un obstacle à ce sport, la preuve : je joue encore et ce, au sein d’une équipe élite. Bien sûr, il y a certaines difficultés qui font partie de la vie en équipe, comme le bruit dans la chambre des joueurs. Ce n’est pas facile pour un malentendant d’écouter quelqu’un parler alors que les filles tapent leurs jambières, se racontent des blagues toutes en même temps, sans parler des « snaps », des velcros…, il est tout à fait normal de ne pas tout comprendre dans ce brouhaha.
Pour favoriser un climat de compréhension, on doit d’abord sensibiliser les entraîneurs, en expliquant le handicap, en exposant les forces et les limites du jeune et en développant des trucs pour savoir si la personne malentendante a bien compris. Dans mon cas, ma mère s’est chargée de la sensibilisation. Ce fut avec succès que les entraîneurs ont créé des situations facilitant la compréhension, soit en plaçant l’ensemble de l’équipe devant la personne qui parle ou me plaçant pour que je sois directement face à l’entraîneur. Avec l’aide de mon orthophoniste, j’ai vu l’ensemble de mes droits et de mes devoirs en ce qui concerne ma surdité. Les entraîneurs ont le devoir de me laisser la chance de comprendre, mais, moi, j’ai le devoir de me placer devant eux, de leur poser des questions lorsque je ne suis pas certaine d’avoir bien compris. Une fois que les entraîneurs sont au courant, les coéquipières aussi doivent porter une attention particulière lorsqu’elles me parlent, par exemple s’assurer que je les regarde, me toucher l’épaule au lieu de crier mon nom.
Mon adaptation dans l’équipe a surtout été facilitée par une entraîneuse que j’ai trouvée fabuleuse parce qu’elle faisait en sorte que je ne sois pas exclue ou mise à part des autres. Elle me faisait des petits signes ou simplement regardait mon visage pour savoir si j’avais tout compris. Jamais elle n’a arrêté tout le groupe pour me demander si j’avais compris. Elle aidait aussi les autres à utiliser une communication plus directe avec moi. Je crois qu’elle a beaucoup contribué au développement de mon autonomie dans l’équipe en m’accordant une place égale aux autres. Elle m’a permis de m’intégrer, de développer des trucs pour mieux comprendre et aider les gens à établir un contact visuel avec moi. Maintenant dans l’équipe élite, nous utilisons des gestes codés au lieu de codes verbaux, afin de ne pas divulguer nos stratégies de jeux. Par exemple, dans une situation de mise au jeu, on devait nommer un chiffre soit pair ou impair pour indiquer la direction de la passe, j’ai mentionné à mon entraîneur que je n’entendais pas le chiffre, alors on décida d’indiquer la direction à l’aide du positionnement du bâton. Cette modification n’a pas été utile seulement pour moi, mais aussi pour toutes les autres filles. En ce qui concerne les arbitres, il n’y a aucun doute, j’entends le coup de sifflet et les signaux d’arbitrage sont faciles à reconnaître. Je suis même arbitre pour les niveaux où il y a des équipes plus jeunes.
L’équipe n’a pas payé une assurance supplémentaire, je ne suis pas plus «à risque» que les autres. Pour protéger mes appareils, nous avons dû chercher un peu afin d’avoir un casque plus grand au niveau du contour des oreilles (surtout pour le confort) et avec un support de plastique par-dessus l’oreille, ce qui est maintenant obligatoire pour une plus grande sécurité.
Je vous ai parlé de la ringuette mais, au cours de ma vie, ma surdité ne m’a pas empêchée de faire de nombreuses activités telles que : plongée sous-marine, soccer, natation, canot, camping, planche à voile, basket-ball et bien d’autres, peu importe que ce soit en équipe ou individuel.
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