Entendre numéro 175 : Un sujet d’intérêt : les aides de correction auditive

Les aides de correction auditive numériques ne sont pas toutes pareilles
Par Louise Bellemare

Je vous présente, à la fin, un lexique, on ne peut plus simplifié, pour vous permettre de saisir un peu ce dont il est question. Les différents types de microphones sont présentés à la page 6.

Disons tout d’abord qu’il n’y a pas de réglementation pour catégoriser les aides de correction auditive numériques. Au sein d’une même compagnie manufacturière, le dernier modèle sorti devient le modèle dit « de pointe ».

Les différents modèles sont habituellement catégorisés de la façon suivante :
- entrée de gamme (ou bas de gamme) ;
- intermédiaire ;
- avancée ;
- de pointe.

Ainsi, une aide correction auditive « de pointe » peut correspondre à une aide catégorisée « avancée » chez le concurrent. Comme nous vivons une période de développement rapide, la majorité des fabricants mettent sur le marché un nouveau modèle « de pointe » à chaque année ou presque. L’aide de correction auditive « de pointe » risque de se retrouver de catégorie « intermédiaire » trois ou quatre années plus tard, vu que d’autres modèles « de pointe » auront fait leur apparition.
Pour vous donner une idée de ce à quoi cela peut correspondre, je vais utiliser l’information fournie en 2005 par la compagnie Phonak. (Il faut cependant toujours se rappeler que cela diffère selon le fabricant.)

Toutes leurs aides de correction auditive ont un réducteur de bruit et un contrôle anti-Larsen (feed-back) et un choix de la méthode de prescription.

Leur aide « entrée de gamme » a :
- 5 à 6 canaux
- 1 à 3 programmes (+MF et MF+Microphone) ;
- généralement pas de microphones directionnels.

L’aide « intermédiaire » offre :
- 15 canaux ;
- multiprogrammes (3 + MF et MF+Microphone) ;
- doubles microphones directionnels fixes :
- choix de traitement du signal indépendant du programme.

L’aide « avancée » présente :
- 20 canaux ;
- le même nombre de programmes que l’intermédiaire (trois), mais deux sont automatiques ;
- microphones adaptatifs sur un canal ;
- commande à distance.

Leur aide « de pointe » se caractérise par :
- 20 canaux comme l’« avancée » ;
- 4 à 7 programmes avec automatisme sur 4 programmes ;
- programmation indépendante des programmes ;
- microphones adaptatifs sur plusieurs canaux ;
- système anti-écho et anti-vent ;
- commande à distance et accès manuel aux programmes.

Chacun des fabricants a sa propre philosophie sur le nombre de canaux, la façon de réduire le bruit et de diminuer le feed-back et l’effet du vent.

Lexique

Canaux : le son est distribué dans différents canaux où il peut être traité d’une façon particulière à chacun des canaux.

Programmes : les ajustements ont été faits (et enregistrés) pour correspondre à des situations d’écoute différentes, ex : milieu bruyant – milieu calme.

Effet Larsen : sifflement très aigu qui se produit quand la sortie de son est trop près du microphone.

Contrôle anti-Larsen : Trois méthodes sont utilisées. La réduction de gain : quand le feed-back est détecté le son est réduit dans le canal où il est apparu. La réduction de gain n’est pas recommandée pour les enfants parce qu’elle peut amener une perte d’audibilité. À l’apparition du sifflement, l’algorithme met en fonction des filtres bloquant les fréquences concernées. L’autre méthode utilisée est l’annulation de phase, c’est à dire que l’algorithme génère un signal qui vient annuler celui du sifflement.

De plus, mes lectures m’ont appris qu’une compression lente est préférable pour les jeunes enfants (jusqu’à une surdité sévère) parce qu’elle préserve les indices temporaux de la parole. Une amplification non-linéaire serait également préférable à une amplification linéaire.

Vous n’avez pas compris. Ne vous en faites pas. Vous avez maintenant de quoi alimenter plusieurs séances de discussion avec votre audioprothésiste ou votre audiologiste. Mieux comprendre les différents éléments qui entrent dans le traitement du son ne fera pas de vous un spécialiste, mais peut-être un consommateur un peu plus averti et informé.

Sources :
Communiquer sans frontière – Présentation d’Annie Marcil de Phonak à la fin de semaine de l’AQEPA – mai 2005
Technologies analogiques et numériques : considérations pratiques et psycholinguistiques – Présentation d’André Marcoux, département d’audiologie et d’orthophonie de l’Université d’Ottawa, janvier 2005
Challenges and Recent Developments in Hearing Aids part 1 and 2, King Chung, in Trends in amplification volume 8 numéros 3 et 4, Purdue University , Indiana, 2004