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Entendre numéro 177 : La collaboration école / famille
La collaboration famille école vue par un directeur d’école primaire
Par Patrice Pharand
Patrice Pharand est actuellement directeur à l’école de l’Épervière à Rigaud. Cette école primaire compte 325 élèves allant du préscolaire au troisième cycle du primaire.
La collaboration avec la famille est indispensable si l’on veut au fil des mois faire progresser un jeune, en particulier si ce dernier a une problématique particulière. Décortiquons le tout si vous le voulez bien. Il faut tout d’abord dire que les tâches du directeur d’école sont très variées allant de la supervision de l’entretien ménager, de la pédagogie, de l’ensemble du personnel, en passant par les liens avec la communauté et le suivi de chacun de ses élèves tant dans leurs succès que leurs difficultés. Les tâches sont variées vous ne pouvez vous imaginer à quel point. Ceci étant dit, la réussite des élèves ainsi que leur apprentissage au quotidien sont notre préoccupation première. Ainsi, lorsqu’un parent nous appelle, prend rendez-vous, nous pouvons établir un contact avec ce parent et mettre en place des outils, des moyens qui favoriseront la réussite du jeune apprenant. Il est important de prendre rendez-vous pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je dois avouer que je ne connais pas tout et qu’il m’est souvent très utile de me faire accompagner dans ces rencontres par une personne de l’équipe des services (orthopédagogue, psychologue, éducatrice, travailleuse sociale, etc.). En fonction de mon agenda, je me réserve 60 minutes et j’invite l’intervenante qui est disponible cette journée-là ou encore celle qui me semble la plus compétente en regard des besoins qui ne m’ont pas encore été expliqués très précisément. L’importance du rendez-vous réside aussi dans le fait que je peux cibler le moment de la journée où je me ferai le moins déranger sachant que les débuts et les fins de périodes ne sont pas des moments opportuns.
En tant que directeur et en ce début de collaboration avec le jeune et sa famille, il est important pour moi de bien comprendre la problématique. J’espère que papa et maman seront présents, qu’un diagnostic précis me sera donné, évidemment accompagné d’une preuve du spécialiste requis (je pourrai faire une demande de codification au besoin), qu’on me parlera du quotidien familial avec les réussites et les difficultés rencontrées et aussi que l’on m’identifiera les besoins scolaires particuliers du jeune (apporter bulletins et plan d’intervention). Les cachettes, le moins possible, car de toute façon je les apprendrai tôt ou tard. Et l’on se comprend bien, je n’ai pas besoin de savoir le nom de votre mère, mais plutôt d’être au fait de situations qui pourraient avoir un impact important sur la vie scolaire, mais aussi sur le vécu quotidien de votre enfant. Par exemple, une séparation probable des parents, un problème de propreté ou un trouble de comportement majeur sont des renseignements importants qui doivent m’être communiqués. J’ai à faire rapidement un état de situation et donner les services requis à votre enfant.
Cette première étape étant franchie, la collaboration débute et le travail au quotidien se met en place. L’enseignante communique régulièrement avec les parents via l’agenda de l’élève. Les spécialistes requis de l’équipe des services se mettent au travail et le contact se fait en temps et lieu avec le jeune et avec les parents, car les besoins ont été clairement identifiés. Le service de garde peut lui aussi être partie prenante et faire le suivi au quotidien avec les parents. Et la direction supervise le tout car chacun a son rôle précis à jouer et nous nous revoyons aux rencontres de plan d’intervention.
La collaboration avec la famille est indispensable, incontournable si l’on veut voir progresser le jeune. En tant que direction, nous voulons donner à chacun le service requis et nous voulons trouver la bonne solution afin d’éviter tout problème subséquent. Si, en collaboration avec les parents, nous arrivons à trouver cette solution, la vie sera plus facile pour chacun d’entre nous et cela pour le bénéfice de notre préoccupation première : votre enfant.

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